Le scénario est connu de tous les entraîneurs. Le nageur fait son 50 mètres, touche le mur, relève la tête. Vous lui dites que son coude tombait au moment du tirage. Il hoche la tête, repart, et le coude tombe toujours.
Le problème n’est pas la consigne. C’est le moment où elle arrive. Au mur, le nageur doit relier vos mots à une sensation vieille de trente secondes, noyée dans la fatigue et dans le bruit. Pendant la longueur, au contraire, il est en train de vivre le geste que vous décrivez.
Une consigne, un mot, un moment
Une correction efficace dans l’eau tient en peu de mots. Le nageur ne peut pas écouter une phrase pendant qu’il coordonne bras, jambes et respiration.
- Choisissez un seul point par série. Si vous corrigez le coude, la rotation et le battement à la fois, il ne retiendra rien.
- Réduisez la consigne à un mot-clé : « coude », « loin », « gainage », « expire ».
- Dites ce qu’il faut faire, pas ce qu’il ne faut pas faire : « pousse jusqu’à la cuisse » plutôt que « ne sors pas la main trop tôt ».
Donner, laisser sentir, confirmer
Le bon rythme ressemble à un aller-retour. Vous donnez le mot-clé. Vous laissez passer deux ou trois cycles de bras, le temps que le nageur cherche la sensation. Puis vous confirmez dès que le geste change : « oui, c’est ça ». Cette confirmation compte autant que la correction : elle fixe la bonne sensation au moment exact où elle se produit.
Si rien ne change après plusieurs cycles, ne répétez pas le même mot plus fort. Changez d’image : « tire avec l’avant-bras », « attrape l’eau devant toi ».
Préparer le vocabulaire avant d’entrer dans l’eau
Un mot-clé ne marche que si le nageur sait ce qu’il recouvre. Prenez deux minutes au bord du bassin pour montrer le geste et nommer chaque consigne. Avec un groupe, gardez le même vocabulaire d’une séance à l’autre : il devient une langue commune.
En pratique : avant la série, annoncez le point travaillé et son mot-clé. Pendant la série, n’utilisez que ce mot. Après la série, demandez au nageur ce qu’il a senti.
Et sans matériel ?
Sans moyen de parler au nageur dans l’eau, le principe reste valable. Raccourcissez les distances, pour que le retour au mur arrive vite. Placez-vous là où le nageur respire, et utilisez un geste convenu plutôt qu’une phrase. Mais rien ne remplace une consigne entendue pendant l’effort : c’est précisément ce que permet un talkie porté par le nageur, comme FullTalkie.